Aller au contenu
Grand Blue Dreaming saison 3 met le cap sur Palau

Grand Blue Dreaming saison 3 met le cap sur Palau

Par Camille V.

6 min de lecture
Lien copié dans le presse-papiers
Camille V.

Une eau turquoise traversée de rayons obliques, des bulles qui remontent en chapelet, et juste au-dessus de la surface une bande d'étudiants à moitié ivres qui n'ont, visiblement, aucune intention de plonger sérieusement. Voilà le contraste qui tient toute la série depuis le début. Grand Blue Dreaming, c'est la beauté sous-marine d'un côté et la bêtise joyeuse de l'autre, souvent dans la même case.

La comédie plongée revient le 6 juillet 2026 sur Crunchyroll, en simulcast dès le premier jour pour la France. Adaptée du manga de Kenji Inoue au scénario et Kimitake Yoshioka au dessin, la troisième saison arrive avec une nouveauté qui, pour l'œil, change beaucoup de choses : elle quitte enfin le Japon.

Palau, un terrain que la série n'avait jamais osé#

Cap sur Palau, en Micronésie. C'est la première fois que l'arc narratif sort de l'archipel japonais, et pour une série qui repose autant sur son décor aquatique, ce déplacement n'a rien d'anecdotique.

Réfléchissez deux secondes à ce que ça implique visuellement. Les deux premières saisons se déroulaient surtout autour d'Izu, avec ses eaux tempérées, ses verts profonds, sa lumière parfois grise. Palau, c'est un autre matériau : lagons transparents, récifs coralliens saturés de couleur, une palette qui tire vers le cyan lumineux plutôt que vers le vert sombre. La composition d'une scène de plongée n'obéit pas aux mêmes règles dans une eau limpide que dans une eau chargée. La profondeur de champ, la façon dont la lumière se fracture, la place laissée au vide bleu autour des personnages : tout se recalibre.

Je passe une bonne partie de mon travail sur des rendus d'eau, et je peux vous dire que les caustiques, ces réseaux de lumière qui dansent au fond, sont une plaie à animer proprement. Quand un studio les traite bien, ça se voit tout de suite, et ça porte une scène entière sans un seul mot de dialogue. Palau offre exactement ce type de terrain, où la lumière fait le travail narratif à la place des personnages.

Le pari me plaît, parce qu'il oblige la série à se renouveler sans trahir son identité. Changer d'eau, c'est changer d'ambiance chromatique tout en gardant le même moteur comique. On reste dans la plongée, mais on repeint le fond. Reste à voir si le studio exploite vraiment ce nouveau nuancier ou s'il se contente de recolorier ses habitudes. Sur ce point précis, je préfère attendre les premières minutes diffusées avant de trancher.

Ce décor exotique arrive dans une grille d'été 2026 particulièrement dense, où plusieurs suites très attendues se disputent l'attention. Si vous voulez situer Grand Blue dans l'ensemble des sorties de juillet, j'avais détaillé le calendrier anime de l'été 2026 et les studios qui tiennent la saison.

Zero-G et Saberworks : qui tient les crayons#

Côté production, l'information demande un peu de prudence. Selon Crunchyroll et Anime Corner, la saison est confiée à Zero-G et Saberworks. Zero-G était déjà aux commandes des saisons précédentes, la deuxième ayant été coproduite avec Liber ; l'arrivée de Saberworks dans l'équation est donc à surveiller, car un changement de partenaire d'animation se lit souvent directement dans le rendu final.

Une continuité rassure quand même : Shinji Takamatsu reste à la réalisation, reconduit depuis les saisons antérieures. Sur une comédie, la mise en scène et le timing comptent autant que le dessin, et garder la même main derrière la caméra, c'est protéger le rythme qui a fait le sel de la série. Un gag de plongée raté d'une demi-seconde au montage, et toute la scène tombe à plat.

Au dessin, le character design et la direction de l'animation reviendraient à Hideoki Kusama et Yoichi Ueda, avec Yukari Hashimoto à la composition musicale, d'après les annonces relayées. Le casting s'enrichit de nouvelles voix : Sayaka Ohara, Asami Seto et Aya Suzaki rejoindraient la distribution pour cette saison, toujours selon les mêmes sources.

La bande-son, elle, est confirmée. L'opening est signé « Natsuko » par FUNKY MONKEY BABY'S, et l'ending serait « Hadaka no Mermaid » interprété par MAMESHiBA NO TAiGUN. Au Japon, la diffusion passera par Tokyo MX, BS11, MBS et AT-X. En France, tout se joue sur Crunchyroll, sans attente.

Sur le nombre d'épisodes, je reste au conditionnel : la saison devrait, comme les deux précédentes, compter douze épisodes, mais rien ne le confirme formellement à ce stade. Le manga, sérialisé dans Good ! Afternoon chez Kodansha depuis avril 2014 selon les sources habituelles, offre largement la matière pour tenir ce format. Cette saison rejoint d'ailleurs une autre suite très attendue lancée quasi au même moment, puisque Mushoku Tensei saison 3 démarre aussi début juillet : deux registres opposés, la comédie potache d'un côté, l'isekai contemplatif de l'autre.

Ce que j'attends de la première image#

Une comédie ne se juge pas sur ses fiches techniques, elle se juge à la seconde où un gag atterrit. Mais l'objet visuel, lui, m'intrigue déjà. Grand Blue a toujours joué de l'écart entre le sublime et le ridicule, entre une plongée d'une pureté graphique réelle et des visages déformés par l'alcool ou la panique. Palau amplifie cet écart : plus le décor est beau, plus la bêtise des personnages ressort par contraste.

C'est là que la composition devient intéressante. La série tient sa singularité de cette collision entre deux grammaires visuelles, le contemplatif et le grotesque, cousine lointaine de la manière dont DanDaDan fait cohabiter l'absurde et le spectaculaire. Réussir cette bascule ton sur ton demande un vrai sens du cadre.

Rendez-vous le 6 juillet pour voir si le lagon tient ses promesses. Une chose est sûre : dans une eau aussi claire, la moindre approximation d'animation se remarquera. Le décor ne pardonne rien, et c'est précisément ce qui rend l'attente excitante.

Sources#

Lien copié dans le presse-papiers

À lire aussi