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Dragon Ball Super Beerus : remaster ou autre chose ?

Dragon Ball Super Beerus : remaster ou autre chose ?

Par Camille V.

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Camille V.

Le mot que Toei a choisi, c'est « ENHANCED ». Pas « remaster », pas « reboot ». Et croyez-moi, ce détail de vocabulaire raconte presque tout du projet. Le 25 janvier 2026, lors du Dragon Ball Genkidamatsuri organisé pour les 40 ans de la licence à Makuhari Messe, le studio a annoncé Dragon Ball Super: Beerus, une version retravaillée de l'arc fondateur de Dragon Ball Super, attendue pour l'automne 2026 sur Fuji TV. La presse grand public a aussitôt traduit ça par « remaster ». Moi, quand je vois un studio s'écarter à ce point d'un terme aussi pratique, je me dis qu'il y a une raison.

Petit rappel pour situer. L'arc Beerus, c'est le tout début de Dragon Ball Super, l'éveil du Dieu de la Destruction et le combat entre Goku passé Super Saiyan God et Beerus, directement issu du film Battle of Gods de 2013. La série originale, elle, comptait 131 épisodes diffusés de 2015 à 2018 sur Fuji TV. L'arc Beerus à lui seul tenait sur 14 épisodes, à l'été 2015. Voilà le matériau de départ.

Remaster, reboot, ou un troisième mot#

C'est là que le choix du mot compte. Un remaster, dans l'usage courant, c'est une vieille série passée en HD avec un upscaling plus ou moins propre. Toei dit explicitement que ce n'est pas ça. Selon la page officielle du studio, le projet comprend de nouvelles scènes étendues, des révisions des scènes existantes, un re-rendu complet de tous les plans, de nouveaux doublages enregistrés, une nouvelle bande-son avec ses effets sonores, et une reconstruction complète de l'histoire. On est loin du simple filtre de netteté appliqué à de vieux fichiers.

Et pourtant ce n'est pas un reboot non plus. La continuité reste intacte : on suit toujours Goku après l'arc Majin Buu, Beerus s'éveille, la chronologie ne repart pas de zéro. L'analyse de db-z.com résume bien la nuance, « ce n'est pas un bouton reset ». Donc ni vieux DVD reliftés, ni table rase. Un troisième objet, pour lequel « enhanced » est sans doute le terme le moins menteur.

J'ai mis un moment à me décider sur ce que j'en pensais. La comparaison qui revient le plus, côté presse spécialisée comme chez db-z.com, c'est celle avec Dragon Ball Z Kai, cette version condensée et nettoyée de DBZ. L'idée d'un format resserré semble cohérente avec ce qu'on sait. Mais attention, je marche sur des œufs ici : on parle d'une comparaison éditoriale, pas d'une promesse de Toei.

Le piège du nombre d'épisodes#

Parlons franchement du chiffre que tout le monde colporte. Plusieurs comptes sur X, dont des relais comme ScreenTime, avancent que l'arc Beerus enhanced tiendrait en six épisodes. Ce nombre circule beaucoup, il a l'air crédible vu le format condensé évoqué, et c'est précisément pour ça qu'il faut le manier avec des pincettes. Toei ne l'a jamais confirmé officiellement. C'est une rumeur non confirmée, point. Si la version finale resserre vraiment 14 épisodes en une poignée, on saura à la diffusion, pas avant.

Je préfère le dire clairement plutôt que de gonfler l'article avec un faux scoop. Le réalisateur du projet, par exemple, n'a été nommé nulle part dans les sources que j'ai pu vérifier. La date exacte de diffusion non plus : on a « automne 2026 », rien de plus précis. Quand l'info n'existe pas, je ne l'invente pas.

Ce qui est solidement confirmé#

Du côté des certitudes, le casting japonais tient. Masako Nozawa reprend Goku, Koichi Yamadera reprend Beerus, comme on pouvait l'espérer. Côté anglais, Jason Douglas a été confirmé sur Beerus lors du Dragon Ball Games Battle Hour 2026, le 19 avril, au Shrine Auditorium de Los Angeles. C'est aussi là qu'a été dévoilé le second trailer, baptisé « Super Gekitou », et la grosse nouvelle de cette présentation : l'arc Golden Frieza, tiré de Resurrection 'F', passera lui aussi à la moulinette enhanced. En janvier, seul l'arc Beerus était annoncé ; en avril, le périmètre s'est élargi.

Le projet est piloté par Akio Iyoku, président de Capsule Corporation Tokyo, comme producteur exécutif. Son objectif déclaré, c'est d'exprimer l'idée originale et le worldbuilding d'Akira Toriyama avec plus de précision et de fidélité. Notez bien la formulation. Beaucoup de fans ont voulu lire dans ce projet un hommage posthume à Toriyama, disparu le 1er mars 2024 à 68 ans. C'est une lecture compréhensible, émotionnellement. Mais aucune déclaration officielle de Toei ne fait ce lien explicite, et je ne vais pas mettre des mots dans la bouche d'un studio. Iyoku parle de fidélité à l'œuvre, pas de monument funéraire.

Au passage, ce n'est pas le seul chantier annoncé ce jour-là. Toei a aussi dévoilé Dragon Ball Super: The Galactic Patrol, une adaptation de l'arc du Prisonnier de la Patrouille Galactique écrit par Toyotarô, prévue pour 2027 sans date arrêtée. Deux projets d'un coup, donc.

Pourquoi maintenant, et pour qui#

La logique économique se devine sans grand effort. Le coffret intégral 42 volumes du manga, 519 chapitres, est sorti le 3 avril 2026 après un report depuis février, et il s'est classé dixième de l'Oricon la semaine du 13 avril avec 19 918 exemplaires. Le manga reste un produit vivant, pas une relique. Relancer l'animation de l'arc fondateur au moment où l'objet papier cartonne, c'est une mécanique d'écosystème que j'ai vue passer sur d'autres licences.

Quant à moi, ce qui me titille vraiment, c'est le re-rendu complet des plans. C'est l'aspect que je guetterai dès le premier épisode. Le DBS de 2015 avait une animation très inégale, certains passages sublimes et d'autres franchement bâclés sous la pression du planning hebdomadaire. Refaire chaque plan, ça dépasse le détail cosmétique : c'est l'occasion de réparer ces creux. Sur ce point précis, je suis curieuse plus que sceptique. Le geste d'animation d'un combat de ce niveau, ça se voit immédiatement à l'écran, et c'est là que le projet se jouera.

Si la mécanique des remakes vous intéresse, j'en ai parlé plus largement dans ma chronique sur les remakes d'anime nostalgiques des années 90 et 2000, une vague dont Dragon Ball Super: Beerus est une variante haut de gamme. Pour le contexte des grandes sorties animées de l'année, voyez aussi les adaptations anime attendues en 2026. Et pour ceux que la restauration d'un classique fascine sur le plan technique, le cas d'Akira en 4K IMAX éclaire bien la différence entre restaurer et refaire.

Mon verdict provisoire#

« Enhanced » n'est pas une pirouette marketing, c'est le seul mot qui décrit honnêtement ce que Toei propose : ni un lifting paresseux, ni un reset. Reste à voir si l'exécution suit l'ambition. Je note l'automne dans un coin de ma tête, et je garde un œil méfiant sur le fameux « six épisodes » que personne n'a confirmé. Le rendu final, comme toujours, parlera de lui-même.

Sources#

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