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Kill Blue : Fujimaki troque le basket pour le tueur à gages

Kill Blue : Fujimaki troque le basket pour le tueur à gages

Par Camille V.

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Camille V.

Un homme de 39 ans, tueur à gages au taux de réussite parfait, se réveille un matin dans le corps d'un gamin de 13 ans. Voilà le visuel de départ de Kill Blue, et c'est exactement le genre de contraste qui se dessine bien : un regard d'adulte usé planté dans une bouille de collégien. Depuis le 11 avril 2026, ce pitch tient sa version animée sur TV Tokyo, signée studio Cue. Pour Tadatoshi Fujimaki, le pari est gros : après le basket de Kuroko's Basketball, le voilà sur un terrain d'action-comédie qu'on ne l'attendait pas forcément à occuper.

Du ballon orange au flingue : le virage de Fujimaki#

Fujimaki, né le 9 juin 1982, traîne une réputation de mangaka sportif. Kuroko's Basketball, sa première grande série dans le Weekly Shōnen Jump entre décembre 2008 et septembre 2014, c'est 30 volumes et un phénomène. Puis ROBOT×LASERBEAM, son histoire de golf, de mars 2017 à juin 2018, sept volumes seulement. Kill Blue, sérialisé dans le même Jump du 17 avril 2023 au 1er septembre 2025, est sa troisième série principale. Treize tankōbon, série complète. Et un changement de registre net : on passe du sport au tueur à gages déguisé en collégien.

Ce que je trouve malin dans ce virage, c'est qu'il garde l'ADN de Fujimaki tout en changeant de décor. Le sport shōnen repose sur un corps qui dépasse ses limites, sur le geste répété jusqu'à la perfection. Ici, le corps devient le gag central : Juzo Ogami a les réflexes d'un assassin chevronné coincés dans une enveloppe de gamin. Toute la comédie naît de ce décalage entre ce que le personnage sait faire et ce que son physique de 13 ans lui permet d'exprimer. Pour un dessinateur, c'est un cadeau. Chaque case peut jouer sur l'écart entre une posture de pro et des proportions enfantines.

Le pitch tient en quelques lignes. Juzo bosse pour une organisation nommée Z.O.O. Lors d'une mission contre la société pharmaceutique Mitsuoka, il se fait piquer par une guêpe génétiquement modifiée. Résultat : rajeunissement express, le voilà coincé dans un corps de collégien. Sa mission suivante l'envoie évaluer la sécurité d'un collège privé où veut s'inscrire la fille du patron du syndicat. Un assassin de 39 ans qui infiltre un établissement secondaire inférieur, pas un lycée, un collège, avec des cartables et des cours d'EPS. Le ressort comique se met en place tout seul.

Studio Cue derrière la caméra : ce que l'œil retient#

L'adaptation revient au studio Cue, avec Yasunori Ide à la réalisation. Une précision utile ici, parce que la presse anglophone a parfois cité Hiro Kaburagi comme réalisateur. En réalité, Kaburagi occupe le poste de superviseur et directeur de série, ce n'est pas la même chose. Son nom rassure pourtant, parce qu'il traîne derrière lui Kimi Ni Todoke et Great Pretender, deux séries où la mise en scène compte vraiment.

Le nom qui m'intéresse le plus, c'est celui de Miho Daidoji au character design. Ancienne directrice de l'animation sur Kuroko's Basketball, cheffe directrice de l'animation sur la saison 3 de Kimi Ni Todoke, elle connaît à la fois l'univers graphique de Fujimaki et le travail sur l'expression des visages. Or Kill Blue repose précisément là-dessus. Tout le sel de l'œuvre tient dans la capacité à faire passer un regard d'adulte blasé sur des traits enfantins. Si le design rate ce point, le gag tombe à plat. Confier ce poste à quelqu'un qui a déjà animé l'univers de l'auteur, c'est un choix qui se défend.

Côté générique, le duo musical fait du bruit. L'opening, « ATTITUDE », est interprété par aespa, l'ending « KILL SHOT » par RIIZE. Deux groupes K-pop installés pour habiller un anime d'action-comédie japonais. Et le générique d'ouverture a été réalisé par Ryu Nakayama, le réalisateur de Chainsaw Man, au sein du studio Andraft. Là, l'œil d'artiste s'arrête. Nakayama est un metteur en scène qui aime les openings nerveux, découpés au cordeau, où chaque plan claque. Voir son nom sur un projet comme Kill Blue laisse espérer un générique qui dépasse le simple montage de personnages alignés sur un refrain.

Une diffusion qui ratisse large#

La première sur TV Tokyo et ses affiliés TXN date du 11 avril 2026, avec une diffusion sur AT-X le 17 avril. Côté international, le filet est large : Crunchyroll en mondial environ une heure après la diffusion japonaise, Netflix en simulcast sur une sélection de régions depuis avril, Amazon Prime Video à l'international, et même une diffusion gratuite mondiale via REMOW sur la chaîne YouTube It's Anime. Un doublage anglais le jour même a aussi été confirmé. Pour une série de printemps 2026, c'est une couverture sérieuse.

Je ne vais pas faire semblant de tout savoir : le nombre total d'épisodes n'est pas confirmé à l'heure où j'écris, et le compositeur de la musique originale reste introuvable dans mes sources. La série tournait encore en juin 2026, donc certaines infos manquent à l'appel. Sur ces deux points, j'hésite à spéculer, alors je m'abstiens.

Ce qui m'enthousiasme vraiment, c'est la promesse visuelle. Une action-comédie vit ou meurt sur son timing graphique. Le décalage corps-âge de Juzo, les scènes d'action où un gamin se déplace comme un tueur d'élite, les réactions du décor scolaire face à ses méthodes : tout ça demande une mise en scène précise, presque chorégraphiée. Si vous aimez voir comment un studio traduit un gag de manga en mouvement, c'est exactement le terrain de jeu qui s'ouvre. Fujimaki a déjà prouvé qu'il savait animer le geste sportif sur le papier. Reste à voir si Cue traduit cette énergie à l'écran.

Le manga a même eu droit à une adaptation en roman, annoncée en octobre 2025. Signe qu'au-delà de l'anime, l'univers de ce tueur en culotte courte intéresse les éditeurs sous plusieurs formes. Pour suivre la vague des adaptations qui débarquent cette année, jetez un œil à notre panorama des adaptations anime et manga attendues en 2026. Kill Blue figurait déjà parmi les titres repérés dans notre tour d'horizon de la relève du Shonen Jump au printemps 2026. Et si la question du design vous travaille autant que moi, ce dossier sur comment créer un personnage mémorable éclaire bien pourquoi le contraste âge-corps de Juzo fonctionne.

Pour l'instant, je regarde ce projet avec une vraie curiosité d'artiste. Fujimaki quitte sa zone de confort, s'entoure d'une équipe qui connaît son trait, et confie son générique à un metteur en scène réputé pour son nerf visuel. Un assassin de 39 ans dans un cartable de collégien : sur le papier c'est absurde, à l'écran ça peut devenir un terrain de jeu graphique formidable.

Sources#

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